Un lézard qui monte !

Posted in 6 / 04 / 2010
by didizuka

Vous cherchez des mangas différents de la production de masse ? Des choses intrigantes, de l’horreur, voir de l’érotisme ? Des mangas plus artistiques au niveau du graphisme ou de l’histoire ?
Alors faites un tour dans le catalogue du Lézard Noir et de sa collection pour enfants, le Petit Lézard.

L’éditeur Le lézard Noir/le Petit Lézard, s’est donné la vocation éditoriale d’introduire auprès du public français des auteurs majeurs de la culture underground, de l’art contemporain et des avant-gardes japonaises. On trouve dans son catalogue de la création originale, de la qualité au niveau des graphismes et de l’histoire, mais aussi de beaux livres pour la jeunesse, avec des ouvrages bilingues franco-japonais de jeunes illustrateurs pour enfants, ainsi que les bandes dessinées de Moomin.
Le nom de Lézard Noir provient du nom d’un roman d’Edogawa Ranpo (Tarō Hirai 1894-1965), écrivain japonais dont le pseudonyme est en fait la transposition phonétique en japonais d’Edgar Allan Poe. Pour le directeur de cette jeune maison d’édition poitevine, ce nom s’imposait de lui-même pour définir la ligne éditoriale entre romantisme noir, avant-garde et japonisme décadent.
Cette jeune structure éditoriale a récolté le Prix du Patrimoine à Angoulême en 2008 pour la publication de Moomin, l’œuvre majeure de Tove Jansson, et plusieurs nominations dont une pour le Vagabond de Tokyo cette année, un manga que je vous conseille vivement. Son catalogue ne comprends pas plus d’une vingtaine de titres, mais l’éditeur est reconnu pour la qualité de ses publications.

Les livres s’adressent à des gens qui veulent voyager différemment, découvrir une autre des nombreuses facettes du Japon. Le catalogue du Lézard noir sort des sentiers battus, et bouscule nos certitudes et notre conformisme. Il met en valeur la « sous culture », maelström vivant et mouvant qui aide à mieux appréhender mais aussi à comprendre le malaise de cette civilisation japonaise, et plus généralement de l’humain. Ce qui intéresse l’éditeur, ce n’est pas le manga « de base », mais plutôt ce que l’on pourrait qualifier de « roman graphique d’auteur » qui interpelle à la fois sur le fond et sur la forme.

Un de leurs auteurs phare est Suehiro Maruo. Au Japon, plusieurs éditeurs tirent ses livres, et sa dernière série est publiée chez un très gros généraliste : ses ouvrages se trouvent dans toutes les librairies et ses tableaux sont exposés dans des galeries japonaises de renom. Il jouit d’une aura mystérieuse qui en fait un personnage quasi légendaire. Chez Maruo, l’attrait pour la ligne est viscéral, la perversion raffinée chez lui vient de cette dichotomie entre une ligne si fine et si claire, et les thèmes exacerbés qui troublent encore plus ses détracteurs.

On y trouve aussi des OVNI, comme Makoto Aida, une star de l’art contemporain, très en vogue auprès des jeunes générations japonaises : ses monographies d’artistes se trouvent elles aussi dans toutes les librairies. Il n’est pas mangaka et s’étonne lui-même que des gens soient assez fous pour éditer son manga. Les Français ont pu juger de la qualité de ses travaux à la Fondation Cartier à l’occasion de l’exposition Coloriage initié par Murakami.

Pour plus d’informations, je vous conseille de faire un tour sur leurs catalogues en ligne :

www.lezardnoir.org
www.petitlezard.org
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